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Un oubli sans nom

Extrait pages 17, 18

 

“Le lieu le plus important, puisque c'est le seul dont je me souvienne, n'est pas loin. Ce village de Las Illas où les services sociaux m'avaient placée, ultime étape de ma première vie, avant que celle-ci ne connaisse un changement radical. J'avais dû réfréner mon impatience la première fois que j'avais ouvert la carte, balayant centimètre par centimètre tous les abords montagneux de Céret, avant de dénicher le village tout au sud, bien planqué au pied de la frontière. 

Le panneau d'entrée de Las Illas, où le temps avait assez duré pour que je fréquente l'école, pour que je commence à penser, je l'avais tant regardé, enregistré, relu. Puisque j'avais oublié tout ce qui avait précédé, je devais absolument me rappeler de cet endroit. Il était mon seul lien avec l'avant. Poser le doigt sur ce minuscule point au nom insulaire, où je suis née une seconde fois, me procure à chaque fois un plaisir aigu. Celui de récupérer un quelque chose, égaré depuis plus d'une décennie, qui m'appartient.  Qui suis-je ? Je n'en sais rien. Mais je sais d'où je viens, c'est déjà ça.  

Car il me manque mon nom. Avant, je m'appelais bien Suzanne quelque chose. Et ce quelque chose, je le savais, je l'avais prononcé et même écrit. Cet inoubliable pourtant, je l'ai oublié. 

 Et j'ai eu beau passer des heures d'insomnie à essayer de le faire réapparaître, de réécrire les lettres qui le composaient, seule la première revient à ma mémoire. Un L, ça commençait par un L. 

 À mes questions, mes parents m'ont répondu n'avoir jamais voulu le connaître et se sont étonnés. Ça ne me plaît pas, Hamel ? Je suis seule avec mon patronyme oublié, recouvert d'un autre qui ne me va qu'à moitié et n'aura jamais le pouvoir de me nommer complètement.” 

 

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    SergeLV2w

     

     

    Serge Legrand-Vall en dix dates

     

    1958. Naissance à Montauban.

    1964. De l’Ariège à la Normandie, changement de décor et de patronyme.

    1976. École Supérieure des Arts appliqués Duperré / Paris.

    Auditeur libre en Ethnologie, civilisations amérindiennes / Paris VII Jussieu.

    1986. Ateliers Cinématographiques Sirventès, écriture scénaristique / Toulouse. 

    1995. Bordeaux.

    2005. Toulouse Bordeaux l’un dans l’autre (essai), première publication

    2011. Les îles du santal, premier roman suivi d'une résidence d'écriture aux îles Marquises pour La part du requin.

    2013. La rive sombre de l’Ebre.

    2018. Résidence d'écriture à Barcelone pour Reconquista, avec le soutien de la région Nouvelle-Aquitaine.

    2022. Un oubli sans nom.

     

    Plus :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Legrand-Vall

    Les avis de lecteurs :

    https://www.babelio.com/auteur/Serge-Legrand-Vall/111133

    L'actu :

    https://www.facebook.com/serge.legrandvall

    Les livres en stock dans les librairies indépendantes :

    https://www.placedeslibraires.fr/

    Et les indispensables : 

    https://www.editionsin8.com/

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  • D'abord pourquoi vendredi écriture ?

    Pour écrire, pendant une vingtaine d'années, j'ai défendu comme une citadelle assiégée mon vendredi. Le siège a été levé en 2020 et j'écris désormais tous les jours si je veux. Mais c'est grâce à tous ces vendredis que j'en suis arrivé là. 

     

    À propos de mon rapport au vrai et à l'imaginaire dans l'écriture,

    je ne résiste pas au plaisir de vous livrer cet extrait du monde selon Garp de John Irving :

    “Il attendait le moment où elle lui demanderait : et alors ? Qu'est-ce qui est vrai, qu'est-ce qui est inventé ? Il lui dirait alors que rien de tout ça n'avait la moindre importance ; Elle n'avait qu'à lui dire tout ce qu'elle ne croyait pas. Il modifierait alors cette partie. Tout ce qu'elle croyait était vrai ; tout ce qu'elle ne croyait pas devait être remanié. Si elle croyait toute l'histoire, dans ce cas, toute l'histoire était vraie.” 

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